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2005 : explosion du téléchargement légal et payant
L’IFPI, la fédération internationale de l’industrie phonographique, vient de publier les derniers chiffres de la vente de musique. Ils confirment les tendances dessinées lors des préalables rapports en ce secteur. Ainsi, les ventes de musique en ligne ont presque triplé passant de 400 millions de dollars à près de 1,1 milliard en 2005 (5% des ventes globales). Le nombre de morceaux uniques téléchargés en ligne ou par téléphones portables frôle les 470 millions d’unités, soit plus de 160 millions de plus qu’en 2004. Et ce sont les marchés américains, japonais, anglais, allemand et français qui sont dans le top 5 des ventes. Phénomène intéressant, l’on atteint le 50/50 entre les ventes en ligne et les ventes sur téléphone mobile, même si des différences régionales importantes sont constatées. Ainsi, au Japon, la musique sur téléphones portables écrase les ventes de musiques en ligne, réduites à une portion presque négligeable (91% contre 9% !). Inversement aux Etats-Unis, en Angleterre ou en Allemagne, les ventes en ligne reprennent le dessus, d’une manière plus équilibrée. Si l’on se concentre uniquement sur la France, les ventes en ligne et les ventes sur mobiles sont là à quasi-égalité, respectivement 47% et 53% du marché du numérique. Dans le strict domaine de la téléphonie, le marché de la sonnerie est le plus fort du segment, avec 87% des ventes sur ce médium. Une configuration qui transforme peu à peu l’économie de la musique numérique et le rôle des maisons de disques, qui doivent considérer les ventes de sonneries au même degré d’importance que les ventes d’un single d’un groupe phare. Un signe des temps qu’il faut relativiser puisque les téléchargements à la carte ont un taux de croissance plus soutenu que celui des sonneries de portable, laissant entrevoir une autre répartition pour 2006. Autre point, les ventes en ligne et physiques, ont en tout chuté de 3% l’année passée. Le phénomène est entretenu par la dépression des ventes physiques (-6,7% en valeur, 8% en unité), non absorbée par les ventes en ligne. Selon John Kennedy, chairman et CEO de l’IFPI, c’est en raison de la combinaison de plusieurs facteurs : le piratage numérique et physique, cause "classique" chez l'IFPI, la concurrence d’autres produits de loisirs, et le glissement des consommateurs pour la vente en ligne et sur mobile.  |