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P2P et nouvelles technologies : Menaces sur la liberté d’informer
P2PMag INTERDIT Le premier magazine des utilisateurs peer-to-peer Hier soir, à l’Assemblée nationale, les députés ont voté un amendement qui remet en cause la liberté d’informer le public notamment sur la thématique peer-to-peer. Notre publication et, plus généralement, la presse informatique sont directement menacées. P2P et nouvelles technologies : Menaces sur la liberté d’informer Cette sous-partie de l’amendement Vanneste n’a pas mobilisé l’opposition, déjà à la peine depuis le début des débats «DADVSI». Et c’est dommage… Sera «puni de trois ans d'emprisonnement et de 300.000 euros d'amende» le fait «d'inciter sciemment, y compris à travers une annonce publicitaire, l'usage» d'un «dispositif» permettant «la mise à disposition du public non autorisée d’œuvres ou d’objets protégés». En clair, parler demain de logiciels comme eMule ou BitTorrent serait interdit et condamné. Alors que huit millions de français utilisent aujourd’hui les réseaux P2P, que cette technologie révolutionne certains secteurs marchands (téléphonie, distribution payante de contenus multimédia, travail collaboratif), que ces mêmes logiciels sont aujourd’hui utilisés pour diffuser des ressources légales et gratuites (musique, vidéos, utilitaires et ressources documentaires libres) … nous ne pourrions plus les évoquer et vulgariser cette information auprès du grand public ? Idem pour les logiciels de copie, de gravure, d’édition et d’encodage audio et vidéo ? Toute la presse informatique est ciblée, qu’elle soit sur support papier ou Web. Car le législateur s’est autorisé une audace incroyable : il ne faudra pas prouver qu’une information a favorisé ou provoqué une atteintes aux droits d’auteur, il suffira de prouver qu’elle a fait la publicité d’un logiciel le «permettant». Tout est dans cette potentialité. Un blanc-seing pour l’industrie audiovisuelle. P2PMag interdit ? Votre magazine P2PMag pourrait être au premier rang des accusés. Un magazine qui depuis un an témoigne des évolutions de la société Internet, de nos habitudes de consommation, qui nourrit le débat et informe, qui explique le fonctionnement et vulgarise la maîtrise de logiciels innovants, qui dénonce contrevérités, approximations et mensonges autour de la thématique peer-to-peer… pourrait demain être condamné et interdit pour «délit de contrefaçon». Mais n’oublions pas que c’est tout le modèle éditorial d’une presse informatique dynamique et plébiscitée par le lectorat qui est remis en cause. Bien sûr, personne n’attaquera les fabricants ou enseignes de distribution faisant la publicité de lecteurs-graveurs DVD/DivX, de lecteurs MP3, de disques durs externes ou de simples supports CD et DVD vierges… Dans le journal Libération, Renaud Donnedieu de Vabres déclarait récemment que «Ce texte (Ndlr : à propos du DADVSI) pour moi, n'est d'ailleurs que le premier d'une longue série d'adaptations de notre droit à l'ère numérique et je compte bien, par exemple, m'attaquer un jour au problème de la presse et de l'Internet". |